
Copyright photo : Yannick Boschat

« Trop fulgurant pour être vu, Dieu est un Dieu qui aveugle le regard. Le Christ capte ce feu dévorant et, sans éclat, laisse Dieu transparaître. Connu ou non, le Christ est là, auprès de chacun. Il est là comme un clandestin, lumière dans notre obscurité, brûlure au cœur de l'homme. Il est tellement lié à l'homme qu'il demeure en lui, même à son insu. » (Frère Roger, Lutte et contemplation, 1973)
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Au Parvis de Notre-Dame
« Au parvis de l’Inconnu » Vendredi 25 mars 2011, dès 19h30, entrée libreHoraires
19h30 : Animation musicale avec Paddy Kelly
20h00 : Présentation de la soirée
20h30 : Extraits inédits du film d'Hubert Reeves et de Jean-Pierre Luminet, "du Big Bang au vivant"
21h00 : Intevention du Saint-Père sur écrans géants
21h15 : Chant grégorien, Damien Poisblaud
21h30 : Scène et vidéo, "Job ou la torture par les amis", extrait d'une création originale de Fabrice Hadjadj avec Mickael Lonsdale et Antoine Philippot
22h00 : "Le Cantique des cantiques" danse, scénographie contemporaine par la compagnie Louguelouve
23h00 : Son et lumière sur la façade de la cathédrale, création de Bruno Seillier par la compagnie Spectaculaires
Sur le parvis de Notre-Dame
Ce n’est pas une fête comme les autres que propose le Parvis des Gentils…« Au Parvis de l’Inconnu », sera un moment de rencontre et de communion, autour de thèmes communs à tous les hommes : la place de l’humain dans l’immensité de l’Univers, la question de la souffrance, le mystère de l’homme - être créateur, capable du Beau, et ouvert à l’Amour.
Dans un esprit de fête, chacun est convié. Le spectacle permet une sortie de soi ; il ouvre le regard vers un autre, provoque rencontres et dialogues. Alors laissons-nous surprendre, osons allumer ensemble un feu sur le Parvis !
CREATION, CHANSON, ECOUTE, DANSE, DIALOGUE, CONTEMPLATION
Paddy Kelly, jeune artiste irlandais très talentueux, auteur compositeur interprète remontera sur scène pour l’événement et interprétera des créations inédites et titres de son répertoire. Son histoire personnelle fait de lui un témoin sensible du dialogue entre croyants et non-croyants: star du show business il se convertit soudain sous l’effet d’une brûlante rencontre avec Dieu. Accompagné de son groupe il jouera notamment l’hymne qu’il a composé pour le Parvis des gentils, Unknown You, ainsi que des balades entre les différents temps forts de la soirée.
Chaque thème donnera lieu à un « dialogue du parvis », groupes de discussion animés par des invités qui débattent entre eux et avec un public. Ils inviteront ainsi à s’exprimer ceux qui seront présents, dans un échange respectueux et libre. Quatre espaces seront aménagés sur le parvis pour accueillir les dialogues du parvis où tous pourront accéder dans la limite des places disponibles.
La soirée sera ouverte par le thème de la place de l’homme dans l’univers.
L’espace infini provoque la question des origines et du sens de la vie sur terre. Sommes-nous là par hasard ? Que nous apprend l’observation des immensités silencieuses ? Le ciel a pu abriter ou incarner le Dieu Horloger, l’Etre omniscient qui règle le mouvement et le devenir de l’univers sur lesquels l’homme n’a pas de prise. Or l’étude scientifique du ciel remet en question ces mythes sacrés. Mis à l’épreuve des sciences astronomiques, ces croyances laissent place à un profond questionnement sur le cosmos, ce monde où l’homme est, à notre connaissance, le seul habitant conscient d’être présent au monde. Un monde au devenir duquel les actes des hommes semblent prendre de plus en plus part. A l’occasion du 80ème anniversaire de la théorie du Big Bang par l’Abbé Lemaître, cette ouverture sera centrée sur la question des origines et de la place de l’homme dans l’univers, avec la projection d’un court documentaire scientifique illustré de très belles images suivi d’un dialogue du parvis avec notamment le Professeur Dominique Lambert.
« Comment assumer convenablement [notre] position dans la Création et comprendre justement ce que l’on doit être pour être un homme ? » (Kant)
La question initiale du dialogue est ainsi posée : "Dans cet univers immense qui nous impressionne et nous fascine par ses dimensions spatiales et la durée de son histoire, quelle est la nature, la place et le sens de la vie et de l'homme ?"
Ce thème sera ouvert par la projection du film « du Big Bang au Vivant » de Jean-Pierre Luminet et d’Hubert Reeves
Les intervenants sont (leurs biographies sont dans la page orateurs) :
- Michel Cassé, Astrophysicien, Directeur de Recherche au CEA.
- Marc Lachièze-Rey, Astrophysicien, théoricien et cosmologue.
- Dominique Lambert, Docteur en Philosophie et en Sciences Physiques.
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Michel Morange, Professeur de Biologie.
Fabrice Hadjadj donnera un extrait de sa pièce - qui sera jouée intégralement samedi 26 mars au Collège des Bernardins à 18h30 - une tragi-comédie à la fois drôle et dure, avec un Dieu myope et un diable soucieux, où la vérité de l’homme ne peut plus se résumer à des leçons, mais se proclame dans un cri vertical. Entre les scènes, Damien Poisblaud chantera un programme sacré de tradition grégorienne.
Cette création mettra sur le devant de la scène un deuxième dialogue du parvis sur le thème de l’homme en souffrance, abandonné. La question initiale du dialogue est ainsi posée : La permanence du mal, l’expérience de la souffrance sont elles des objections contre toute espérance ? Le thème est développé par l’extrait suivant, tiré du commentaire sur la pièce « Job ou la torture par les amis » de F. Hadjadj :
Si chaque livre de la Bible s’ouvre comme une faille, il en est certains qui s’ouvrent comme des blessures. Tel est celui de Job, situé au point névralgique de toutes les tensions. Païen résidant dans le pays d’Ouç, son héros (ou anti-héros) croit pourtant au Dieu d’Israël ; aimé de l’Éternel, il n’en est pas moins tourmenté par Satan ; figure de la foi et de l’espérance, il ne craint toutefois pas de déclarer : Périsse le jour où j’aillais naître, ou encore : La pendaison me séduit. Comment comprendre cette foi qui paraît à la lisière de l’athéisme ? Comment saisir cette espérance qui semble assumer le plus sombre désespoir ?
Les intervenants sont (leurs biographies sont dans la page orateurs) :
- Emmanuel Faber, Directeur général délégué du groupe Danone.
- Fabrice Hadjadj, professeur de philosophie.
- Christian Cantos, peintre.
- Jacques Henric, écrivain.
Focus sur son essai La Peinture et le Mal (Grasset, 1982) : Cette seconde moitié du XXe siècle a vu l'effondrement des utopies politiques et artistiques. Le marxisme comme " horizon indépassable de la pensée ", la croyance en un progrès continu, nos idéologies du Bien ont été tragiquement confrontés dans le réel à deux monstruosités : le stalinisme, le nazisme. A l'aube de notre siècle, la grande boucherie de 14-18 annonçait les charniers à venir ; à son crépuscule, le rythme de ceux-ci n'a malheureusement pas ralenti.
Et si l'histoire de la peinture, et plus précisément l'histoire des liens de cet art avec une pensée du Mal (notamment dans le judaïsme et la théologie catholique), permettait de comprendre la logique mortifère de notre siècle ? Et si le naufrage de nos civilisations avait été annoncé, accompagné, via la succession des avant-gardes artistiques et sur fond de sublimes soubresauts, par la lente agonie de la peinture ? La Peinture et le Mal comme son titre l'indique, est un essai sur l'art.
Il y est question de Titien, Tintoret, Watteau, Poussin, Greco, Seurat, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Schiele, Duchamp, Mondrian, Malevitch, Pollock, De Kooning... C'est aussi l'ébauche d'un roman, un fragment de journal intime, une réflexion sur l'éthique, un pamphlet politique.
Le Pape Benoît XVI a souhaité s'inviter sur le Parvis pour s'adresser aux jeunes incroyants, et non pas seulement, comme il en a l'habitude, aux croyants. C'est original, c'est nouveau... il peut surprendre. Il interviendra en retransmission télévisuelle, pour dire que l’homme est aimé, qu’il est petit mais aussi grand sous le regard du Christ, pour montrer quelle voix, avant tout d’écoute et non de prosélytisme, veut donner l’Eglise à ce Parvis des Gentils.
L’HOMME DANS SA PETITESSE… MAIS AUSSI DANS SA GRANDEUR !
« Où en sommes-nous avec l’amour ? » Pascale Saint-Hilaire chorégraphe de la Compagnie Longuelouve présente en avant-première un extrait de sa création chorégraphique Le Cantique des Cantiques, où l’on voit sur scène sept femmes accompagner la Bien Aimée dans les prémices de l’Amour. Marie-Anne Remery Lucas a mis ses talents poétiques, ses connaissances théologienne, linguistiques et littéraires en ajoutant en introduction au Cantique un poème et en proposant une nouvelle traduction du Cantique des Cantiques, l’un des plus beaux chants d’amour de toute la littérature. Ce spectacle chorégraphique est mis en musique par Francesco Agnello et ses hangs. Le spectateur peut faire résonner en lui le langage de l’amour en sa plus franche humanité : que le spectateur voit, entende, qu’il sente, qu’il goûte, qu’il cherche, qu’il trouve, qu’il saisisse. Le Cantique est une parole incandescente, un message incontournable pour l’homme d’aujourd’hui sur le désir, l’attente, la relation, le corps humain, l’émerveillement, l’engagement, le couple, la tendresse, l’amour…
Et l’on se demande à la vision de cette danse qui va jusqu’à faire vibrer la voix, mais qui sont elles ? qui est cette femme ? qui est ce Bien Aimé ? quel est cet Amour ?
En écho à ce spectacle de la Cie Longuelouve viendra un troisième dialogue du parvis sur la voie de l’amour, être aimé, aimer soi-même et aimer l’autre. La question initiale du dialogue est ainsi posée : La religion tue-t-elle l'amour ? Un extrait de l'encyclique "Deus Caritas est » permet de développer cette approche :
"Selon Friedrich Nietzsche, le christianisme aurait donné du venin à boire à l'eros qui, si en vérité il n'en est pas mort, en serait venu à dégénérer en vice. Le philosophe allemand exprimait de la sorte une perception très répandue : l'Église, avec ses commandements et ses interdits, ne nous rend-elle pas amère la plus belle chose de la vie ? N'élève-t-elle pas des panneaux d'interdiction justement là où la joie prévue pour nous par le Créateur nous offre un bonheur qui nous fait goûter par avance quelque chose du Divin ?En est-il vraiment ainsi ? Le christianisme a-t-il véritablement détruit l'eros ?"
et la réponse de BXVI : "L'homme devient vraiment lui-même, quand le corps et l'âme se trouvent dans une profonde unité ; le défi de l'eros est vraiment surmonté lorsque cette unification est réussie. Si l'homme aspire à être seulement esprit et qu'il veuille refuser la chair comme étant un héritage simplement animal, alors l'esprit et le corps perdent leur dignité.
Et si, d'autre part, il renie l'esprit et considère donc la matière, le corps, comme la réalité exclusive, il perd également sa grandeur. L'épicurien Gassendi s'adressait en plaisantant à Descartes par le salut: «Ô Âme !». Et Descartes répliquait en disant: «Ô Chair !». Mais ce n'est pas seulement l'esprit ou le corps qui aime : c'est l'homme, la personne, qui aime comme créature unifiée, dont font partie le corps et l'âme. C'est seulement lorsque les deux se fondent véritablement en une unité que l'homme devient pleinement lui-même. C'est uniquement de cette façon que l'amour - l'eros - peut mûrir, jusqu'à parvenir à sa vraie grandeur."
Les intervenants sont (leurs biographies sont dans la page orateurs):
- Thierry Bizot, Directeur Général d'Eléphnat & Cie, romancier.
- François Content, Directeur Général d’Apprentis d’Auteuil.
- Catherine Millet, Directrice de la rédaction d’art press.
- Père Denis Sonnet, prêtre spécialiste de l’éducation affective.
- Michel Rouche, historien.
C’est la capacité créatrice de l’homme, son énergie, son émerveillement face au Beau qui sera ensuite mise en avant. Face à nous, hommes du XXIème s., la façade de Notre-Dame, joyau de l’art gothique, témoigne de la grandeur de l’homme, capable un jour de bâtir des cathédrales. Mise en lumière et en mouvement par Bruno Seillier, la façade prendra vie pour relever ce patrimoine artistique et spirituel inouï, pour réveiller notre émerveillement. Une mise en lumières exceptionnelle !
Un quatrième dialogue du parvis mettra en question la voie de la beauté, le regard spirituel sur les œuvres d’art, la contemplation du beau.
« oui un jour dans tes parvis en vaut plus que mille » Ps83
CREATION, CHANSON, ECOUTE, DANSE, DIALOGUE, CONTEMPLATION
La question initiale est :"Le désir de la beauté est-il un désir de Dieu ?"
Une citation de Simone Weil permet de développer l’approche :
"Dans tout ce qui suscite en nous le sentiment pur et authentique de la beauté, il y a réellement la présence de Dieu. Il y a presque une incarnation de Dieu dans le monde, dont la beauté est le signe.
La beauté est la preuve expérimentale que l'incarnation est possible. C'est pourquoi chaque art de premier ordre est, par essence, religieux"
Les intervenants sont (leurs biographies sont dans la page orateurs) :
- Enzo Bianchi, moine laïc.
- Francis Combe, poète, directeur d'édition.
- Jean-Pierre Lemaire, poète.
Le public sera invité à poser ses questions aux intervenants durant les dialogues qui dureront entre une heure et une heure et demi. Des étudiants vont circuler sur le parvis et dans les tentes afin de recueillir ces questions qui seront ensuite remises aux animateurs des dialogues et qui les soumettrons aux intervenants. Chacun pourra donc contribuer à l'enrichissement de ces dialogues! Chacun pourra aussi apprécier dans les tentes des oeuvres exposées de la peintre Qu Qianmei (voir son site) et du peintre François-Xavier de Boissoudy (voir son site).
En la Cathédrale Notre-Dame de Paris
La cathédrale Notre-Dame sera exceptionnellement ouverte pour ceux qui souhaiteront faire le pas du silence et de la prière. A l’intérieur, la communauté œcuménique des frères de Taizé animera toute la soirée une veillée de prière dans l’esprit qui est le leur : « être une communauté où l’on cherche à se comprendre et à se réconcilier toujours et, par là, rendre visible une petite parabole de communion. »
« Si vous êtes, ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde ». (Paroles de Catherine de Sienne, reprise par Jean Paul II, aux JMJ de Rome).


Copyright photo : Taizé, Maciej Bilas
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